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La Route du Rock : Pas de club des 27 pour le festival!

A environ 1 mois de la 27ème édition de la Route du Rock été, New’s Lighters a rencontré François Floret et Alban Coutoux à Paris, directeur et programmateur du festival. En pleine digestion, mais sous le soleil parisien. On n’a plus qu’à souhaiter le même temps pour profiter pleinement  pour ces trois jours de festival sur les côtes bretonnes, avec une programmation qui elle sera solaire et réunira entre autres Mac Demarco, Temples, Foxygen, Alex Cameron, Future  Island ou Allah Las! Ceux qui préfèrent la nuit fraîche, les pogos, le rock brut et la noirceur ne seront cependant pas en reste, on vous laisse checker la programmation entière!

Alban Coutoux & François Fleuret

Alban Coutoux & François Fleuret

27 ans, spontanément ça vous fait penser à quoi?

– François Floret : Bonne question, mais je ne me souviens plus ce que je faisais à 27 ans moi…
– Alban Coutoux : A la mort des rocks stars, Hendrix, Kurt Cobain, Amy Whinehouse, Janis Joplin, c’est un peu l’âge maudit, on va essayer d’y échapper!

Qu’est ce que vous faisiez quand vous aviez 27 ans?

– F : Moi j’ai une mémoire de poisson rouge alors je vais avoir du mal à me souvenir….
– A : J’ét ais déjà sur la Route du Rock, c’était en 2000, les 10 ans de la Route du Rock.
– F : En 2000?
– A : Pour moi oui mais pour toi…
– F : Ah oui, moi c’était un petit peu avant du coup… Je devais être aussi bête qu’aujourd’hui!

Vous voyez toujours les artistes en live avant de les booker ?

– A : La réponse c’est un peu l’inverse de la question, il y en a très peu que l’on voit avant en fait. à part évidemment ceux que l’on a déjà programmé. Sur les nouveautés comme Idle cette année par exemple.
– F : On prend un peu le risque c’est vrai, on craque sur un album, on prend le pari que ça va être bon en live. Après forcément si on a des échos qui sont pas bons c’est différent et on va hésiter un peu. Personnellement moi je pense qu’un groupe qui a assez de talent pour faire des bonnes chansons doit être capable avec un peu d’expériences de les retranscrire correctement en live, même si c’est jamais parfait. Idle par exemple, qui est un groupe punk, on retrouvera forcément l’énergie punk sur scène. C’est peut être plus délicat avec des artistes pop, qui font une pop ciselée, ou des arrangements assez techniques.
– A : Après l’inverse peut être vrai aussi, avec des groupes très bons en live alors que le disque est pas forcément aussi bon.

C’est arrivé que vous ayez des mauvaises surprises ?

– F : Oui forcément ça arrive, après on ne va dire du mal des groupes mais c’est effectivement arrivé plusieurs fois, il n’y a pas vraiment de règles. Je me souviens par exemple de Dionysos, qui est pas forcément ce que j’écoutais à l’époque mais ils avaient fait un concert historique. C’était une année ou il y avait eu des pluies d’orage, c’était vraiment l’horreur et l’abattement sur le site et ils sont arrivés derrière en disant vous inquiétez pas on va mettre le feu, et il l‘ont fait. Il peut se passer des choses magiques, c’est ça qui est excitant.

Et donc dans ceux que vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir, même si vous serez sûrement très occupés, lesquels vous n’avez vraiment pas envie de manquer?

– F : Moi Idles, j’en ai parlé tout de suite, et je pense qu’Alban c’est pareil. Sinon Yak, PJ Harvey forcément, Dj Shadows, Interpol, et puis… De toute façon on est forcément amoureux des groupes qu’on programme !

Votre meilleur souvenir de festival hors route du rock?

– F : Moi j’adore les Eurockéennes. J’ai un super souvenir, je ne sais plus quelle année mais de l’enchainement Mogwai-Sigur Ros c’était époustouflant, ils avaient une scène sous chapiteau, je ne sais pas si ils l’ont toujours. Polyphonic Spree aussi je m’en rappelle c’était magique. Par contre à l’opposé Radiohead aux Eurocks bon… C’était chiant ! Pas le concert bien sûr, mais le public, qui arrêtait pas de chanter, un enfer, tu bougeais de 10 m, tu avais toujours une nana qui chantait par cœur les chansons.
– New’s Lighters : Oui évidemment avec Sigur Ros c’est tout de suite moins évident !
– F : Daft Punk également, enfin j’ai globalement passé de très bons moments là bas.
– A : C’est vrai que la question est large, il y a tellement de choses !
– F : Oui mais ça sous entend qu’on aime aussi le festival j’imagine. Le site des Eurocks est magnifique, les gens sont adorables, c’est à chaque fois de grands moments.

Est ce qu’il y’a des artistes que vous adorez, honteusement ou non, mais que vous ne pourriez pas programmer à la route du rock, par soucis d’esthétique ?

– F : New Order ? Mine de rien on y a pensé plusieurs fois avec Alban… C’est peut être une mauvaise de réponse, mais c’est cher pour ce que c’est maintenant on va dire. On sait pas trop si ça joue live ou non… Honteusement sinon ça ne me vient pas à l’esprit, en général j’assume.
– A : Pas trop de plaisirs honteux, ils sont assumés.
– F : J’ai vu Lorenzo il y a pas longtemps c’était rigolo. Ça n’a rien à voir avec la route du rock, c’est du rap un peu pour ados, j’accompagnais mon fils c’était marrant.

C’est quoi le dernier concert ou vous êtes allés?

– F : Lorenzo du coup.
– A : Juliette Armanet jeudi dernier, à la Nouvelle Vague.

Et c’était qui, quand et où le dernier groupe qui vous a surpris en live ?

– A : Shame a la Route du Rock hiver je dirai, c’était un grand moment. Au départ on aurait aimé les faire cet été mais ils n’étaient pas disponible, sur aucune des trois dates.
– F : Savages, la toute première fois qu’on les avait fait jouer, grosse grosse claque.

Comment se présente l’édition 2017 en terme de fréquentation pour le moment? Est ce qu’il y a des changements majeurs par rapport aux autres années ?

– F : Il n’y a pas de changements majeurs, la seule chose mais c’est une petite différence par rapport à l’année dernière, c’est que le cashless ne se fera plus que sur bracelet, et que le billet sera également dessus et fera contrôle d’accès, comme ce qui se passe aussi un peu partout. Le camping va un peu changer de place, mais les scènes seront toujours face à face, je pense qu’on a trouvé une bonne formule. Il y a aura toujours les concerts à la plage, les conférences de Christophe Brault, le sport le dimanche avec le foot, l’expo photo. On ne va pas changer ce qui a bien marché.

On entend pas mal de choses sur un possible changement de lieu pour les années à venir, ou ça en est?

– F : c’est pas exclut, puisque effectivement on est assez frustré de l’accueil qu’on reçoit localement, pas sur St Malo mais sur St Père. On aimerait bien que ça change mais on a beau se rencontrer, ça va faire depuis 94 qu’on est dans le fort et les choses n’ont pas beaucoup évoluées voir même empiré certaines années au niveau du relationnel et on en est attristés. On revendique rien, mais on a des gens localement qui pensent qu’on est là pour un one shot, prendre l’argent et partir. Ils nous voient un peu comme des envahisseurs alors qu’au contraire on a envie de participer à l’évolution de ce lieu qui est magique. Je rêverai que le lieu appartienne à une structure intercommunale qui aurait les moyens d’en faire quelque chose techniquement et en termes de communication. La commune veut absolument garder son lieu alors qu’elle n’en a pas forcément les moyens et puis il y a des tensions complètement surréalistes et inutiles qui se rajoutent. Là ou n’importe quel événement est accueilli les bras ouverts ailleurs par la population entière nous on est limite rejetés et c’est fatiguant. Donc oui, si demain il y a une opportunité on l’étudiera.
– A : Ce serait aussi peut être l‘occasion de réinventer le festival, créer la surprise. Là à part la programmation évidemment, les habitués connaissent bien le fort, savent où ils vont trouver la scène etc. On est en terrain connu donc c’est vrai que des fois, bouleverser un peu les habitudes et repenser le festival ça pourrait être bien !
– F : De toute façon les locaux ne tiennent pas à nous, ils nous considèrent aussi important que leur marché aux fleurs. Ce ne sont pas des amateurs de rock indé, nous on ne fait pas de politique, on est indépendants, on fait pas de compromis et on parle franchement donc forcément ça ne plaît pas toujours non plus alors que c’est la base pour des relations saines.

Est-ce que vous occuper de La Nouvelle Vague à St Malo n’a pas changé vos rapports avec les locaux justement ?

– F : Ah non pas du tout, la nouvelle Vague et La RdR sont deux dossiers totalement différents. La Nouvelle Vague cependant nous a renforcé politiquement, avec la mairie de St Malo. On a jamais eu de problèmes avec eux, et là en plus ils viennent de nous redonner leur confiance pour 5 ans dans la gestion de la salle et ça c’est un acte fort. Au contraire, on a tout le soutient des élus de St Malo et à ce niveau là c’est sur qu’on renforce notre position sur St Malo, mais pas sur St Père malheureusement.

L’accessoire indispensable pour une Route du Rock réussie ?

– F : Les tongs.. ? La doliprane non ? Sinon de particulier à la Route du Rock… Le maillot de bain ?

C’est quoi l’autre métier que vous auriez pu faire?

– F : Moi j’ai un DESS d’aménagement du territoire donc avant d’être à la RdR je bossais dans l’administration dans une collectivité locale et mon rêve c’était de travailler sur tout ce qui est conservation du littoral en Bretagne. J’ai un côté très breton, j’aime beaucoup ma région et j’ai envie de la préserver.
– A : Moi pendant 15 ans j’ai voulu être océanographe avant de découvrir le rock et tout ça.

Comment vous voyez-vous dans 27 ans?

– F : Moi je viens d’avoir 50 ans alors… J’espère avoir un cerveau et un corps qui fonctionne correctement.
– A : Aller à un concert des Rolling Stones, les immortels ? Après sur le plan professionnel, on a jamais fait de plans à long terme sur le festival donc 27 ans c’est plus que du long terme. Quelque soit l’âge après on espère rester curieux.
– F : j’espère qu’on sera pas des vieux cons, et qu’on sera vivants.

Si vous n’êtes pas sur le long terme, vous ne réfléchissez donc pas à quelque chose de spécial ou une tête d’affiche pour la trentième édition ?

– F : Non effectivement c’est trop loin mais comme l’a dit Alban, même si le cadre est magnifique on n’exclut pas de nouveaux projets excitants ou de faire une RdR ailleurs pourquoi pas. Redémarrer, pas à zéro parce qu’il y a quand même une marque, une empreinte de créée mais ce serait un beau challenge ! C’est d’ailleurs comme ça qu’on avait créé la RdR hiver. On essaie dès qu’on peut de rajouter des choses, les Routes du Rock sessions par exemple, sans tomber non plus dans la surexploitation de la marque. On s’est plusieurs fois posé la question de faire une Route du Rock automne et printemps, ça aurait été logique mais on ne l’a pas fait car ce serait lourd. On a déjà eu des propositions pour le faire par exemple dans le sud de la France, pourquoi pas, on avait étudié ça attentivement. On est à l’affût dès que l’on nous propose des choses, de ce qu’on pourrait inventer, construire de nouvelles choses avec des partenaires bienveillants.

Vous nous promettez donc que la Route du Rock ne fera pas partie du fameux club des 27 cette année !

– F&A : Evidement !!

Retrouvez toutes les infos sur le festival et la programmation sur www.laroutedurock.com


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