Musiqueretour

Report : Beauregard 2016

Nous revenons enfin sur notre weekend au Festival Beauregard qui a eu lieu du 1er au 3 juillet 2016. Digne de se réputation et relativement épargné par une météo oscillante, cette 8e édition a tenu ses promesses. Entre confirmations et déceptions, voici notre report tout en subjectivité…

Ce premier vendredi de juillet est gris et humide, mais le cadre du festival et la qualité de l’organisation et des infrastructures font vite oublier ces désagréments météorologiques. J’arrive pour Brian Jonestown Massacre. Les vétérans du psyché déroulent leur set tout en sérénité . C’est bien comme du BJM mais sans étincelles comme du BJM qui fait du BJM.

J’attendais beaucoup de Feu! Chatterton, qui, sur disque en tout cas, font à mon sens figures de seuls représentants crédibles d’une nouvelle scène de chanson (pop/rock) française. Malheureusement les parisiens sont passés à côté de leur concert : problèmes techniques et gêne d’un leader qui nous assomme d’un lyrisme babillant (RIP Brel et Verlaine).

J’observe Nekfeu de loin (c’est encore plus grossier que ce que j’imaginais) et pars me placer pour Beck. En attendant la star US, je ne reste pas insensible à la mise en scène savamment orchestrée – batterie tout droit sortie des années 80 avec ses 18 toms, autant de cymbales et amplis à profusion – je redoute un show de mauvais goût, il n’en sera rien. Tout est juste et rondement mené par Beck et ses musiciens; seul point noir au tableau: un Loser expédié avec sa guitare samplée.

Pas de surprise mais jamais déçu non plus par Ghinzu, fidèle du festival. Le groupe belge impressionne toujours par sa maîtrise scénique mais a du mal à proposer de nouveaux morceaux à la hauteur de leurs premiers albums.

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Rone – ©Marc Ollivier / Ouest France

Les Chemical Brothers réveillent le public avec leur tube électro. Puis suivent les français de The Shoes qui déboulent sur scène avec un show vidéo issues des tréfonds du Net. Dans ce déluge de GIF on en oublie un peu leur performance mais on salue la proposition digne du Zap de Spion. Enfin Rone et sa techno tout en finesse, conclue la soirée avec classe


Samedi

Il est 17h et le soleil est au rendez-vous lorsque je pénètre l’enceinte du festival à temps pour m’installer confortablement face à la grande scène dont s’emparent The Horrors. C’est souvent à double-tranchant avec les anglais; entre annulations de dernière minute et représentations hasardeuses. Mais aujourd’hui il n’en est rien, The Horrors déroulent un set maîtrisé faisant la part belle à leur chef d’oeuvre de 2009 Primary Colours (Scarlet Fields, Sea Within a Sea..) et aux deux derniers albums (Still Life, Endless Blue), le tout emmailloté d’un son puissant et juste.

Je ne m’attarderais pas sur les Naive New Beaters qui sont devenus une caricature d’eux mêmes depuis quelques années et sur Brigitte dont la scénographie aurait impressionné Michou. Non, on se réserve pour La Femme. Les biarro-parisiens entament directement avec Le Sphynx, premier single de leur dernier album (vous suivez?). Puis s’enchaînent les titres les uns après les autres, naviguant de tube en tube, s’appuyant sur une batterie métronomique au kick assourdissant et sur leurs synthés Elie-et-Jacniens, les morceaux se suivent, se ressemblent mais trouvent preneur. La Femme sait séduire.

Le parc du château de Beauregard se remplit pour Robert Plant. Malgré une voix qui flanche parfois (Robert n’a plus vingt ans) il a su s’entourer de musiciens d’exception. On a affaire à quelque chose d’original et maîtrisé même si on évitera pas l’écueil des reprises de Led Zepellin.

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The Kills – ©Marc Ollivier / Ouest France

Mon weekend se terminera avec d’autres habitués du festival: The Kills. En live le duo a eu la bonne idée de retrouver une forme de sobriété en se débarrassant de son orchestre de tambours sans revenir à leur configuration à deux. C’est donc accompagnés d’un batteur et d’un claviériste discrets mais parfaitement justes que les Kills parviennent à offrir le meilleur d’eux-mêmes. Leurs morceaux sont forts et magnifiés par la présence scénique des deux complices. C’est puissant.


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