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Report TINALS – Résultats & Ambitions

This Is Not A Love Song festival (TINALS) n’a pas déçu. Ce fut incroyable tant les groupes programmés furent bons. Avec une édition annoncée à 15 000 spectateurs, quelles sont les perspectives d’avenir de ce festival qui pourrait devenir majeur d’ici quelques années ? Retour sur cette édition 2016 et sur le potentiel de TINALS.

 

(c) : Marie Meletopoulos

(c) : Marie Meletopoulos

 

Les têtes d’affiche qui ne déçoivent pas et de belles découvertes

Comme je l’avais précédemment annoncé, je suis principalement venu à TINALS pour Explosions In the Sky, mon groupe préféré. Leur show fut incroyable, d’une rare intensité, accompagné d’effets lumineux parfaitement imaginés pour mettre en place l’atmosphère poétique propre à ce groupe.

LUH fut aussi exceptionnel, mais à ma grande déception le groupe n’attira pas les foules. Encore trop peu connu par le public français, le concert fut plus intimiste que prévu, ce qui décupla l’expérience qui noue Ellery James Roberts (ex chanteur de Wu Lyf) à son auditoire.

Pour le reste, Beach House n’a pas surpris mais fut propre et de qualité, tout comme Parquet Courts, qui nous offrirent des riffs de guitares assez remarquables.

Côté découverte, j’ai adoré le gang australien des cheveux longs Parcels. Ce groupe est absolument incroyable en live, ce qui permet de comprendre pourquoi Kitsuné les a pris sous son aile. J’ai hâte qu’ils sortent un EP ou album, car cela risque de faire beaucoup de bruits.

Enfin Her m’a fait une forte impression. Fort de leur duo aux chants, je vois en eux un grand potentiel. Il est déjà rare qu’un groupe arrive à se former autour d’une très belle voix, mais deux… C’est impressionnant.

Mention spéciale à Battles, qui est une sorte d’hybridation entre le groupe canadien Holy Fuck et la performance à la batterie jouée dans le film Whiplash. A couper le souffle!

 

Un festival à la programmation originale ?

Autant le dire, nous n’avons pas vu un mauvais concert en 3 jours. Aussi éclectique que pertinente, la programmation de TINALS a fait voyager beaucoup d’amoureux français d’indie. Cependant, si on regarde ce qui se passe autour au même moment, on s’aperçoit que TINALS profite énormément de la programmation du célèbre festival barcelonais Primavera pour faire venir des artistes majeurs à moindre frais.

Sur les 50 groupes programmés, 22 viennent de Primavera, soit près de 50% de la programmation, et surtout 90% de leurs têtes d’affiche. TINALS serait donc un petit Primavera, à petit prix et avec beaucoup moins de festivaliers. Est-ce dérangeant ? Bien sûr que non, cela me va personnellement très bien. TINALS profite de sa proximité géographique et temporelle avec un des festivals majeurs d’indie pour faire venir des artistes qu’on ne pourrait pas retrouver ensemble ailleurs en France.

Ce parti pris est d’ailleurs pleinement assumé par le directeur du festival Fred Jumel, qui dans une interview au blog Rockfanch confirmait qu’il n’avait pas choisi la date de TINALS au hasard, justement pour profiter de l’opportunité artistique offerte par le festival catalan.

 

Quelle identité et ambitions à donner à TINALS ?

C’est effectivement la question qui vient naturellement à se poser. Tout d’abord artistiquement, nous avons affaire à un choix délibéré de programmer les têtes d’affiche de Primavera, et de compléter cette pré-sélection avec des artistes plus locaux, ou en tout cas moins connus. Quoiqu’il en soit, en terme d’orientation musicale, c’est exactement la même que celle du festival barcelonais.

TINALS ne vise pas à concurrencer ce dernier à long terme, cependant en terme de développement de public, surtout à l’international, une telle stratégie artistique semble aller dans une impasse. Cependant, et de ce que j’ai compris de la conférence de presse finale du festival, la stratégie du festival nîmois est de conserver son modèle actuel, sachant qu’ils n’ont pas vraiment de possibilité d’agrandir le site.

Rester petit, intimiste, voilà sans doute le schéma que devra garder TINALS pour perdurer. Les débuts de ce festival sont prometteurs, il a réussi à fidéliser un public amateurs d’indie qui n’avait jusque là pas à sa disposition un festival de la sorte et est arrivé à créer une atmosphère encore jamais vu en France.

L’avenir nous dira ce que le festival deviendra, mais en tout cas, on a déjà hâte d’y être l’année prochaine.

 


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