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Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide to the Flight Deck (2004)

Cela faisait des années que je ne m’étais pas pris une claque comme ça. Pas depuis le dernier album de MGMT en tout cas. Bluffer’s Guide to the Flight Deck est un véritable bijou, et pourtant je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce qu’un de mes proches me le fasse écouter avant hier soir. Il date de 2004, a été commenté par Pitchfork ou encore les Inrocks, mais n’a jamais eu la couverture médiatique et virale qu’il mérite.

 

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Un album grandiose à l’avant-garde de l’indie de la fin des années 2000

C’est peut être ce qui est le plus impressionnant dans cet album : on retrouve la plupart des signatures musicales de grands noms de l’indie qui se sont fait connaitre à partir de 2006, 2007, 2008. La plus évidente d’entre elles est celle de Beirut, formé en 2006, reconnaissable par ses trompettes et ses accordéons, que l’on retrouve ici dans des morceaux comme Popstar Resarching Oblivion, Losing Carolina/For Drusky ou encore Donald Pleasance.

Ensuite on retrouve des morceaux très similaires à ceux du second (2010) et troisième album (2012) de MGMT, surtout dans leurs façons d’utiliser des sons très inhabituels qui donnent un rendu très bizarres, qui nous rappellent les sonorités du cinéma des années 80 associées à la vie extraterrestre. C’est le cas dans Fire Engine on Fire, Pt. 2 ou Even Fantastica qui font beaucoup penser à Lady Nightmare de Congratulation ou An Orphan of Fortune de MGMT.

Enfin, on repense à l’intro du morceau Sparks (2015) de Beach House lorsqu’on écoute celle de Popstar Resarching Oblivion. On voit du Bon Iver, formé en 2007, dans les deux dernières minutes de Losing Carolina/For Dusky. On se demande si Fire Engine on Fire, Pt. 1 est en fait un morceau volé de Public Service Broadcasting, formé en 2009.

Bref, comme vous l’aurez compris, cet album renferme en son sein les germes de la nouvelle vague indie qui déferlera sur nos ondes dans la seconde partie des années 2000.

 

Cet album est-il l’un, si ce n’est le meilleur album indie des années 2000 ?

C’est en effet la question que l’on se pose après une première écoute de l’album. Tout est bon, aucun morceau n’est mauvais ou moyen, et l’ensemble formant cet album est d’une parfaite rigueur et d’une cohérence irréprochable.

Pourtant à l’époque de sa sortie, il n’a pas apporté directement quelque chose de nouveau et d’original, comme les Strokes, Arcade Fire, MGMT ou encore Portishead l’ont fait. Cependant, et maintenant que les années sont passées, on se rend compte cet album est à la base de toute cette mouvance musicale, qui s’est peu à peu imposée jusqu’à maintenant.

C’est donc ce qui me fait maintenant penser que cet album a été et est encore aujourd’hui sous évalué par rapport aux influences qu’il a laissées derrière lui. Et c’est peut être ce qui sépare le plus cet album de la plupart de ceux qui ont marqué les années 2000, l’héritage.

Et malgré tout le respect que j’ai pour tous les grands albums qui sont sortis lors de cette décennie, je tiens à dire que celui ci est de mon point de vue celui qui se rapproche le plus de l’art, laissant les autres du côté de la mode.

Car en effet, la mode est ce qui serait beau aujourd’hui mais qui ne le sera plus demain, alors que l’art lui, est moche aujourd’hui, mais se magnifiera à mesure que les années passeront.


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