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Naomi Punk // La Route du Rock hiver. L’esprit punk, Olympia et le mauvais temps.

Nous avons rencontré le trio américain Naomi Punk, signé chez Captured Track, durant la dernière édition de la Route du Rock Hiver à La Nouvelle Vague de St Malo. Installés dans leurs loges, reposés de leur concert, on a essayé d’en savoir un peu plus sur ce groupe non pas en les questionnant directement sur leur musique mais plutôt tout ce qui fait leur quotidien et en particulier la ville qui est le nid de ce projet: Olympia.

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Neil Gregerson (guitare), Travis Coster (guitare, chant) & Nicolas Luempert (batterie)

Vous venez d’Olympia (USA, Washington), quelle est l’atmosphère qui règne dans cette ville ?

Travis : Avant toute chose c’est une toute petite ville, où beaucoup de groupes se forment.

Neil : Il est très rare, en tant que groupe, de jouer dans une ville d’aussi petite taille.

Travis : Oui, rares sont les villes de cette taille qui accueillent des concerts.

Nicolas: La vie est très peu chère et les gens travaillent très peu. Ils prennent du temps pour leur occupations personnelles et surtout créatives.

Travis : Pas mal de gens jouent dans un groupe, appartiennent à des collectifs artistiques, il se passe pas mal de choses et les gens sont plutôt créatifs.

Nicolas : On y trouve l’université d’Evergreen, qui n’est pas si grande mais comme la ville est minuscule, on a l’impression que tout le monde se retrouve là-bas.

Neil : Y’a pas mal de monde qui rôde autour et s’installent pour boire un café.

Travis : Par contre le temps est vraiment pourri. Seattle est vraiment connu pour avoir une météo déprimante mais Olympia c’est pire. Il pleut tout le temps et si c’est couvert à Seattle, t’es sûr qu’il pleut à Olympia.

Nicolas : Même si les deux dernières années ont été plutôt clémente…

Travis : Oui mais en règle générale le temps est pas super. Ça fait cliché et ringard de parler de ça mais bon ça joue pas mal sur le comportement des gens. On fait avec.

Avez-vous des endroits dédiés à la création ou pour jouer là-bas ?

Travis : Ouais, pas mal d’endroits. Pas de grosses salles, mais des endroits suffisamment grands pour accueillir la petite communauté qui vient voir des concerts.

Nicolas : Il y a une pizzeria, où il se passe pas mal de chose. J’ai l’impression que tout le monde tente de faire de la musique assez étrange pour pouvoir jouer dans des lieux insolites comme des restaurants, des bars miteux…

Travis : Tu peux louer un bar ringard pour 50$ et pour y jouer un concert de punk super.

Nicolas : Parfois tu te poses avec des potes dans un parc ou un bar, et d’un coup derrière toi y’a un concert de fou qui commence alors que personne n’est au courant.

Travis : Je pense que beaucoup de groupes veulent jouer là-bas, car ils ont entendu parler de ces situations et projets étranges mais l’implantation de K Reccord y est pour beaucoup.

J’ai entendu dire qu’à côté de la musique vous faites du collage ?

Travis : Oh oui j’en fais, mais je suis pas mal inspiré par le travail de Neil. Je ne suis pas un artiste plastique diplômé d’école d’Art, mais je m’intéresse beaucoup aux formes. Quand on a commencé Naomi Punk, personne ne s’intéressait à notre projet donc on devait créer nos propres poster de concert. A l’époque je travaillais chez un photocopieur et je pouvais imprimer des images et créer mes posters gratuitement. Donc j’ai imprimé des planches super étranges et on est allé les coller un peu partout, sinon personne n’allait venir à notre concert. Je ne peux même pas penser que quelqu’un d’autre puisse faire nos visuels et dans ce sens on se sent vraiment comme un groupe « punk ».

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Neil : J’ai rencontré Nicolas à 14 ans sur MySpace.

Travis : On a tous grandi pas très loin les uns des autres autour de Seattle. Je les ai rencontré à des concerts et ils avaient un groupe ensemble (Masters and Johnson, ndlr) et c’est le meilleur groupe que j’ai jamais vu de toute ma vie.

En concert, comment sentez-vous que le public réceptionne votre musique ?

Neil : A notre plus gros concert, il y avait 30 personnes.

Nicolas : Non c’est faux, il y en avait un super avec 250 personnes !

Travis : On s’est pas mal retrouvé à des petits concerts, mais on fait avec. Il n’y a jamais de raisons pour ne pas jouer, il est même possible que le concert devienne génial avec 20 personnes.

Nicolas : Y’a des groupes, ils font des tournées à travers les USA et tous les soirs c’est comme ça pour eux.

Neil : On a joué un concert avec 5 personnes et c’était il y a trois jours dans une ville étrange en Espagne et c’était chouette !

Travis : Il y a un moment donné où l’on jouait tout le temps dans des salles très peu fréquentées et maintenant ça commence à changer. Mais c’est bizarre aujourd’hui, car on joue dans des grandes salles avec des groupes qui n’ont rien à voir avec notre esprit « punk ». Je ne juge pas ce qu’ils font, mais on vient vraiment de mondes différents. S’ils venaient à un concert dans notre pizzeria à Olympia, ils paniqueraient.

Il y a des bons groupes à Olympia ?

Nicolas : Broken Water est plutôt sympa !

Travis : Il y a vraiment pas mal de bons groupes, mais je citerai Gag, un groupe de Punk mais qui est…

Neil : étrange !

Nicolas : Le chanteur se livre à une espèce de performance artistique durant le live.

Travis : Ce qui est génial à Olympia c’est que tu vas trouver des groupes homosexuels, respectés, et qui vont faire de la putain de musique !

Nicolas : Et puis c’est si petit qu’à chaque fois que tu sors en ville tu vas croiser un membre de ces groupes là.

Un légume pour vous auto-décrire ?

Neil : Un fenouil, j’aime ça, c’est propre et sain.

Travis : Je suis un concombre, on peut me mettre dans un sandwich, plein d’eau donc bien hydraté. On dirait que je suis en train d’écrire un truc pour le lycée.

Nicolas : Un brocoli !

Travis et Neil : Ahah tu ressembles tellement à un brocoli !

Nicolas : Quand j’étais au collège j’ai peint un brocoli pour un travail où j’étais censé faire un autoportrait.

 


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