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Fuzeta aux TransMusicales : « -Plage- ce sont des histoires d’adultes qu’on ne peut pas comprendre quand on est enfant. »

Monique a rencontré la band of brothers des Fuzeta, jeune groupe vannetais. Suite à leur passage au festival des IndisciplinéEs à Lorient, le groupe a suscité des critiques dithyrambiques si bien que Jean-Louis Brossard a décidé de les programmer aux Transmusicales (mais New’s Lighters était déjà sur le coup aussi). C’est quelques heures après leur prestation à l’Etage que Monique parle été, Portugal, enfance et leçons d’orthographe avec ces quatre garçons.

Off: Comment ça se passe ? Il faut prendre le truc (micro) ? UN-DEUX, UN-DEUX ! Ouais ça marche !

Monique : Vous êtes trois frères. Votre projet comprend quatre membres. Expliquez-nous comment s’est passée la rencontre et la formation de votre groupe.

Dorian : Le groupe a un an. On est effectivement trois frères. Moi je m’appelle Dorian, je suis le plus jeune. Ensuite il y a Pierre-Antoine qui est à la guitare. Moi je fais de la guitare et le chant. Et Charles-Alexandre qui fait de la basse et qui chante aussi. On est les trois frères. Et il y a Jérémy à la batterie qui n’est pas notre frère mais c’est tout comme. C’est un ami de longue date. On faisait de la musique dans des groupes différents il y a encore quelques années. Je me suis retrouvé tout seul, j’avais envie de faire un nouveau groupe. J’essayais de trouver de quoi j’avais envie de parler et je me suis dit : « tiens, pourquoi ne pas parler des trucs qui me manquent, un peu de nostalgie, d’enfance, des choses qui me sont chères ». Il n’y avait personne de mieux placé que mes deux frères pour me suivre et Jérémy un super pote ! Il n’y a plus vraiment de différence : le projet parle de notre enfance et de cette fratrie à quatre. C’est assez fort entre nous quatre.

Monique : Jérémy est donc un ami d’enfance.

Pierre-Antoine : C’est un ami de six-sept ans. On le connaît bien.

Dorian : Mais voilà pour répondre bien à la question, si jamais demain Jérémy à la batterie décide de quitter le groupe, on change de nom et on change de groupe. C’est vraiment l’idée de fusion et de propos dans la manière de penser qui est forte et qui se fait à quatre.

Monique : Fuzeta est le nom d’une ville portugaise. Avez-vous choisi ce nom en ayant en tête cette référence ?

Pierre-Antoine : Oui ! En fait on voulait parler de notre enfance, d’une journée de fin d’été, de ce qu’on a vécu et qui s’est plutôt passé du côté de la Roche-Bernard en Bretagne Sud, au bord de la Vilaine où on a vécu quand on était petits. Mais on n’allait pas citer la Roche-Bernard parce que ça craint un peu. Donc on a cherché des noms. On ne voulait pas de noms anglo-saxons. On ne voulait pas un nom spécialement français non plus. Notre père est parti vivre au Portugal il y a une dizaine d’années, à Lisbonne. Il a un petit appartement au Portugal, sur la côte sud en Algarve, dans un petit village de pêcheurs qui s’appelle Fuzeta. C’est un endroit où on est tous allés passer des bouts de vacances. Comme le groupe était en lien avec le soleil et le côté été, on en est venus à se dire que c’était sympa d’appeler le groupe comme ça.

Charles-Alexandre : On aimait bien le fait que quand vous tapez sur Internet Fuzeta il y a un mois, vous tombiez sur le village portugais et pas du tout sur le groupe. Moi je trouvais ça plutôt sympa. Aujourd’hui si vous tapez Fuzeta, on est number one.

Monique : A quelle heure vous êtes-vous levés ce matin ?

Dorian : 9h00.

Pierre-Antoine : 8h45.

Jérémy : Non, 8h45.

Dorian : 9h00. Allez 9h00 moyenne, c’est parce qu’on a dû prendre nos douches !

Pierre-Antoine : Et le petit-déjeuner se terminait à 10h20.

Dorian : 10h00. Et après on est venus ici. On est là depuis hier, on est allés voir quelques concerts assez cools d’ailleurs au Parc Expo. Du coup on s’est couchés tôt pour être en forme ce matin. On est dans un hôtel, je sais plus dans quel coin de Rennes …

Pierre-Antoine : Ouais, à côté de la rocade …

Dorian : Un truc cool.

Charles-Alexandre : Ouais bah on va citer le nom de l’hôtel : B&B !

Monique : En première partie de quel groupe aimeriez-vous vraiment jouer ?

Pierre-Antoine : C’est déjà fait.

Charles-Alexandre : C’était BRNS.

Dorian : Un groupe que moi j’avais vu plusieurs fois en concert. Et le concert (auquel on a joué en première partie) a eu lieu aux IndisciplinéEs à Lorient.

Monique : Du coup, si vous deviez en choisir un autre ?

Pierre-Antoine : J’ai pas pensé à ça moi.

Jérémy : J’y ai pas vraiment pensé non plus.

Dorian : Allez, lançons-nous ! Cold War Kids !

Charles-Alexandre : Ah ouais d’accord. Nan, j’aurai dit Band of Horses.

Dorian : Ah ouais d’accord.

Pierre-Antoine : J’aurai peut-être dit comme Charles. Un vrai groupe quoi.

Dorian : Grizzly Bear alors.

Pierre-Antoine : En France, je vois pas avec qui …

Dorian : Si, il y a des trucs cools.

Pierre-Antoine : Oui il y a des trucs cools mais là je pense tout de suite à des trucs d’ailleurs.

Dorian : Je suis super fan de Radiohead, allez, Radiohead, j’en rajoute un ! Gros kiffe si un jour on joue sur la même scène que Radiohead.

Monique : On met Radiohead au top du top ?

Tous : On sait qu’on ne le fera pas mais on l’espère !

Monique : Comment se passe l’écriture des textes ?

Dorian : Ce sont des photographies, des clichés de vie : notre grand-mère, nos parents, tout ce qu’on a un peu vécu. Un truc assez honnête pour qu’une fois que tu te retrouves sur scène, tu ne sois pas dans un personnage. Alors, on a pas une vie de fou : on n’est pas des gangsters, on n’est pas à New-York. On habite Vannes : waouh ! (rires). Ça explique le côté été, nostalgique. J’écris pas mal de textes (…), on corrige ça ensemble. On s’y retrouve tous, il y a pas mal de moments chorale comme dans BRNS et ça stimule à mort. Quand on est tous dans le même truc, il y a une phrase justement qui me revient sur « Dive » c’est « Band of Brothers » : c’est le syndrome de la bande de frères.

Pierre-Antoine : Band of Brothers (avec l’accent anglais).

Dorian : Le son est assez épuré, on est pas trop dans la posture rock et pourtant on est une base rock : guitare et batterie. Pour moi ce qui fait vraiment la percussion c’est la batterie et les voix. Le reste est assez nu. Comme on est dans une esthétique pop, on aurait pu mettre du clavier comme BRNS et remplir un peu l’espace mais on s’est vraiment dit qu’on allait faire avec ce qu’on avait et que du coup, ce serait encore plus nous. Ce groupe-là nous est propre au-delà du format par le fond propre qui nous rassemble à mort, qui parle de nostalgie, de fratrie, d’été.

Pierre-Antoine : Après, suivant les morceaux il y a différents thèmes. « Dive », c’est la bande de frères. « Y » est un morceau en hommage à notre grand-mère maternelle.

Dorian : … Qui s’appelle Yolande alors on voulait pas mettre Yolande …

Pierre-Antoine : … Alors on a mis Y en anglais. « Plage » ce sont des histoires d’adultes qu’on ne peut pas comprendre quand on est enfant.

Dorian : Entre nos parents. Et qu’on a compris avec le recul du coup. C’est tellement plus simple de faire un groupe avec des choses que tu connais et qui te font vibrer rien qu’en les écrivant. Une fois que tu te retrouves sur scène un peu tout nu à les faire, c’est vachement plus simple d’être toi. Dive c’est un peu la maison dans laquelle on vivait aussi. On a fait un clip en fait, vous l’avez vu ? Il est réalisé par Mathieu Ezan et il se passe au bord de la Vilaine. En fait, c’est la maison de notre enfance. Personne le sait et tout le monde s’en fout un peu (rires). Mais c’est ça, tu vois, les gosses qui vivaient dans cette maison-là, qui faisaient des cabanes dans les bois et qui en avaient un peu rien à foutre du reste, c’étaient nous. Quand le personnage du rocher saute (dans le clip), c’est là où nous on pêchait.

Monique : C’est le début de votre groupe.

Dorian : Cela fait un an que le groupe existe et on travaille ardemment, ça se dit ardemment ?

Pierre-Antoine : Ça s’écrit avec un E mais ça se dit A.

Dorian : Alors est-ce que vous savez comment on écrit « je vous rends la pareille » ?

Charles-Alexandre : Tu me l’as déjà posée, je t’ai déjà répondu.

Dorian : P-a-r-e-i-l

Charles-Antoine : Non c’est la plus loin pareille.

Dorian : Ben OK, je découvre ! Et du coup où est-ce que j’en étais … On a attendu d’être vraiment prêts pour monter sur scène. On est un peu arrivés « coucou c’est nous » il y a un mois mais ça fait un an qu’on travaille ardemment.

Monique : Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Dorian : Faire beaucoup de concerts.

Pierre-Antoine : Mais pour l’instant, on n’a plus de concerts.

Dorian : Si ça se trouve, c’est notre dernière date. C’est super flou pour nous. Il y avait ce rendez-vous là qui était super important pour nous. On espère transformer l’essai pour tourner un max.

Monique : Mais alors que représentent les Trans à vos yeux ?

Dorian : Un super festival. C’est un festival qui m’a toujours fait un peu rêver, un festival de découvertes, donc un peu éclectique, il y a un parti pris. Non pas que je n’aime pas les Vieilles Charrues mais il n’y a un réel parti pris dans les Vieilles Charrues. Par exemple il y a beaucoup de grosses têtes d’affiche. Les Trans, c’est un vrai parti pris, un choix et de la découverte. Moi j’adore l’audace du truc et il y a plein de groupes qui ont joué ici dont je suis super fan.

Pierre-Antoine : Moi j’espère que ça ne sera qu’une étape parce qu’on n’a jamais considéré ça comme une finalité même si on est très flattés que Jean-Louis nous adore et adore notre musique. Enfin il aime surtout notre musique. Du coup on a appris à le connaître, maintenant il nous aime bien aussi. Mais voilà il ne faut pas voir ça comme si on avait touché le Saint-Graal. Il y a plein de groupes qui ont fait les Trans et qui ont disparu, peut-être même qui n’ont jamais existé. Il faut rester très humbles face à ça. On espère que ça va nous permettre de rencontrer des gens avec qui on espère travailler dans le futur.

Dorian : Comme c’est un festival de découverte, soit tu le fais au début, soit tu ne le fais pas !

Pierre-Antoine : Voilà, déjà on l’a fait c’est génial. Et puis c’était vraiment agréable.

Charles-Alexandre : C’est un peu la fosse aux lions quoi. Si tu passes à côté, t’es grillé.

Dorian : Pour tous les groupes, pour les Trans, il ne faut pas y arriver trop tôt, si tu n’es pas prêt, tout le monde voit que t’es pas prêt et puis si c’est trop tard les gens disent « bah oui ça a déjà été fait… »

Pierre-Antoine : Je pense que c’était le bon moment car avant on avait que deux mois d’existence dans les pattes mais attendre encore un an est-ce que ça aurait eu du sens, je ne sais pas … Je ne pense pas. Donc on est très contents d’avoir pu faire les Trans cette année.

Monique : Votre film d’extraterrestre préféré.

Charles-Alexandre : Ah d’accord donc si c’est que dans l’espace ça compte pas.

Pierre-Antoine : Moi j’en ai un mais faut pas se foutre de ma gueule.

Dorian : Ah non ouais il faut qu’il y ait un extraterrestre.

Charles-Alexandre : Dis pas Independance Day toi !

Pierre-Antoine : E.T., pas mieux ! (rires)

Jérémy : Soit E.T., soit Alien que je trouve moins sympa. Le premier de James Cameron.

Pierre-Antoine : Tu l’as vu le minitel du début ? Tu sais quand l’écran s’affiche au début, vous avez jamais vu ça ?

Charles-Alexandre : Sinon Men in Black, la scène où il prend la photo pendant qu’ils sont à Halloween, c’est E.T. qui est sous le drap et en fait sous le flash il tombe dans les vapes.

Monique : Décrivez votre voisin avec un légume.

Pierre-Antoine : Notre voisin à côté de nous maintenant ?

Jérémy : A droite, que à droite ! Alors moi je dois décrire le guitariste Pierre. Moi le premier truc qui vient, je sais pas, ça vient comme ça c’est des images, je dirai un poireau. (rires) Ça va, j’ai pas cité d’hôpitaux de Vannes donc voilà poireau, je sais pas pourquoi.

Charles-Alexandre : Moi je vais décrire mon grand frère, je vais dire un ananas mais c’est à cause de la coupe de cheveux ça !

Pierre-Antoine : Et moi je vais décrire le dernier, je vais dire une asperge.

Dorian : Et Jérémy sera un panais. Un panais pour faire le mec intéressant c’est super bon. Tu peux faire des panais en frite. Alors une frite de panais. Ou un potimarron c’est cool.

Monique : Le dernier repas que vous aimeriez manger avant votre peine de mort.

Pierre-Antoine : Putain, elles sont mortelles vos questions !

Jérémy : Elles sont mortelles c’est un peu le but. J’ai bien une idée mais je la dirai pas. (rires) Du coup mon deuxième choix ça serait … Non en fait c’est pas facile. Non en fait j’aimerais un repas quel qu’il soit d’un grand restaurant gastronomique.

Charles-Alexandre : Je vais prendre un tartare de boeuf en entrée avec un tournedos rossini en plat de résistance et en dessert le clafoutis aux abricots de Yolande.

Pierre-Antoine : Moi je commence direct avec un rumsteak.

Dorian : Ah lui pas d’entrée quoi.

Pierre-Antoine : Rumsteak avec du riz ou des frites après petite salade avec des tomates et un yaourt.

Dorian : Quelle tristesse.

Pierre-Antoine : Oui mais c’est ce que je préfère.

Dorian : Moi ça serait des magrets de canard fait au barbecue avec un bon vin avec un bon pif, qui tape pas trop la tronche, un Saint Emilion de mon année de naissance ça serait cool et en dessert une tarte au citron meringuée faite par ma femme. Voilà, maison qui est trop bonne.

Monique : Un dernier mot pour l’interview.

Jérémy : Super ! J’espère que vous allez jouer le jeu.

Pierre-Antoine : Oh non le lourd.

Jérémy : Ah non je vais pas le faire tu viens de griller le truc. Euh, merci.

Charles-Alexandre : Une grenade.

Dorian : Ca fait deux mots ça.

Charles-Alexandre : Grenade.

Pierre-Alexandre : Pour les voisins là (en désignant les musiciens qui font du bruit pendant les 2/3 de l’interview).

Dorian : Si si Charles one two three. Moi je vais dire panais. A vous les studios !

En finale régionale aux Inouïs du Printemps de Bourges à Brest le 30 janvier.

En concert à Niort du 16 au 21 mars 2015 pour le festival Nouvelles Scènes. 


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