Musiqueretour

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Jacco Gardner et Orval Carlos Sibelius à l’ubu, New’s Lighters en voyage avec eux.

Samedi soir, l’Ubu, nous arrivons seulement 10 minutes en retard pour le concert, mais déjà trop visiblement. Nous avons manqué les premières notes qui ont lancé le voyage nocturne en territoire psychédélique, orchestré par Orval Carlos Sibelius. Il était presque impossible de voir la scène et de se faufiler à travers la masse ténébreuse, formée  des  prêcheurs d’une religion -la Musique- dans le mince corridor qu’est l’Ubu !  Comme il fallait s’y attendre, quand la salle n’organise pas de soirées électro minuit-6h, le bar est quasiment vide ; le public rennais se tournant alors vers sa deuxième passion après la bière : la musique.

 

Mais pas besoin de voir la scène pour apprécier les airs vagabonds d’Orval et parfois même d’apercevoir le sourire contagieux d’Alex Monneau, le chanteur, et de ressentir alors une joie toute simple. Les refrains d’Orval sont de jolies ballades, d’où ce chemin partagé avec Jacco Gardner (Jacco tout court pour la suite de l’article) pour une tournée en France et en Europe. Les compositions des deux groupes se complètent harmonieusement bien et produisent à elles deux une ambiance enivrante et pastorale, offrant ainsi un spectacle sans fausses notes.

Ne voulant pas passer le concert de Jacco (prononcé « Yaco » pour les intimes) exclus comme à celui d’Orval, nous avons pris les devants au changement de scène, pour être au premier rang ; le rang du pèlerin venu remercier son idole. Jacco arrive, chapeau en tête, converses noires aux pieds et petite marinière, le personnage est simple et aimable avec son public, qu’il remercie à chaque titre. Sur le pin’s accroché à son T-Shirt est écrit « Gardream ».

 

Pourtant, Jacco ne nous amène pas dans son « Cabinet des Curiosités », mais nous invite dans son Jardin des délices, avec Watching the moonThe Ballad of Little Jane, Lullaby, au côté de tant d’autres et de nouvelles. Il invoque dans ses chansons les éléments naturels comme l’air, les saisons, la lune, et nous transporte dans un état de rêverie et de nostalgie, à la Rimbaud ou Verlaine… D’ailleurs ce garçon est né le 9 Avril comme Baudelaire, d’où il tire peut-être cette âme dandy et introvertie.

Plus tard, quand Jacco Gardner prendra la peine de discuter avec son public et de se laisser prendre en photo, son pin’s sera recouvert d’un stickers des Gérards (contaminateurs burlesques des soirées rennaises), avec une expression nettement moins poétique, et sûrement incompréhensible pour notre convive hollandais. Qu’importe, cela ne le rend que plus sympathique encore !

 

"Tu baises un thon", lesgerards.com ©

« Tu baises un thon », lesgerards.com ©

D’une telle empathie, il se prêta aisément aussi à l’exercice des dédicasses, en répondant à la demande farfelue de certain(e)s :

"Tout doit rentrer dans les cheveux sans déborder stp!"

« Tout doit rentrer dans les cheveux sans déborder stp! »

Il jouera en Mai prochain au Austin Psych Fest et, à l’instar de son clip Summer’s Game, nous l’imaginons déjà faire résonner son orgue en plein air à Carson Creek.  Nous envions surtout son public futur, qui profitant du déclin du soleil, de la fraîcheur d’un point d’eau et de la tendresse des brins d’herbe, sera étendu au sol, contemplant le ciel sans nuage et ressentant cette émotion de liberté et d’ivresse que procure ses mélodies. Avec Jacco Gardner, on se prend à rêver, de voyage dans le temps, de brise sur le visage et de champs remplis de fleurs. Il nous transporte tout entier dans son univers singulier et secret.

Souvenir de son concert à la Route du Rock en Août dernier, où l’on distinguait à peine cette coupe de cheveux d’ado rebelle, le soleil brûlant nos yeux sans sommeil (les rayons bretons étant plus forts que la moyenne !).

Pour terminer, on reviendra par le commencement, c’est-à-dire par désirer qu’Orval Carlos Sibelius vienne dorénavant tous les soirs nous bercer de ces mélodies légères et paisibles pour nous faire tomber dans un sommeil enchanteur.

Report par Clémence Foisy-Marquis et Valentin Chollet.


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