La rubrique de Moniqueretour

Interview // Oniris

Monique a rencontré Oniris à l’occasion de sa venue en « métropole », à Brest, lors du festival Astropolis. Originaire de Nouméa et récemment repéré par le grand Laurent Garnier, Oniris est également le petit protégé de Gildas, créateur et programmateur d’Astropolis, qui lui a proposé d’apposer sa patte sur le label Astropolis Records.

Monique : Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Oniris : Je m’appelle Oniris, je viens de Nouméa et d’ailleurs je viens tout juste d’arriver ici à Brest : je n’ai pas dormi à cause du décalage horaire. Je fais de la musique électro depuis plus de dix ans. Récemment, ma musicalité a été mise en valeur par Laurent Garnier dans son émission « It is what it is ». Ca m’a donc permis de rencontrer tous les gens d’Astropolis et de me retrouver là aujourd’hui. J’écoute de la techno depuis 92 à peu près. J’ai également organisé quelques soirées dans le Sud de la France durant les années 2000. Je me suis mis à la production il y a quelques années. Là, j’ai des tracks qui sortent grâce au label Bedrock, ce qui me permet un maximum de diffusion. En fait, Astropolis c’est ma première date depuis que je suis rentré ici. Mais on est en train de mettre en place des dates avec Gildas (le créateur et programmateur d’Astropolis ndlr) d’ici à l’hiver prochain.

Monique : Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta rencontre avec Gildas justement ?

Oniris : Quand il a entendu mon morceau dans l’émission de Garnier, il m’a envoyé un mail en me demandant si j’étais intéressé pour signer le morceau « Let us fight » sur son label Astropolis. A l’époque j’étais déjà engagé sur d’autres projets mais j’ai fini par me rapprocher de Gildas en composant deux tracks, voilà pourquoi il y a deux versions différentes.

Monique : Et comment s’est passée la collaboration avec Laurent Garnier ? 

Oniris : En fait, j’ai pas vraiment travaillé avec lui : comme j’étais à Nouméa, tout s’est fait par mail. Je ne l’ai jamais rencontré personnellement mais on a beaucoup échangé via la musique sur Internet.

Monique : Tu étais présent à l’Astroclub hier soir. Quel set t’as le plus fait vibrer ?

Oniris : En fait, je dois avouer que j’étais plutôt derrière en train de boire des verres (rires). Non mais sinon le set de Deetron m’a vraiment fait kiffer. Les gens ont été très réceptifs à ce qu’il a fait alors que c’était plutôt un public jeune présent dans la salle. Ca me fait plaisir de voir que cette musique marche aussi auprès des jeunes et qu’il n’y a pas que le Ed Banger. Je pensais vraiment que le public jeune allait plutôt se diriger vers la Carène où la programmation était plus orientée « kids ». Deetron a vraiment fait un excellent dj set hier, c’était une grosse claque.

Monique : Comment travailles-tu ta musique de manière générale ?

Oniris : Pendant longtemps j’ai cherché une méthode mais plus j’avance, et plus je me dis qu’il n’y en a pas du tout. Et au contraire, je pense qu’il vaut mieux ne pas en avoir parce que si tu pars d’un truc que tu répètes à chaque fois, tu risques de perdre la créativité. J’essaye de repartir à chaque fois de quelque chose de vierge : ça peut être de la mélodie ou de la rythmique. Généralement, comme je commence par les mélodies, je m’oriente en premier vers ça. J’écoute de la musique, j’essaye de récupérer des idées si je n’ai pas d’inspiration. Mais généralement, je me mets derrière une page blanche et un clavier. En fait, il n’y a pas de recette. A Nouméa, j’étais très limité en plus : je n’avais pas d’enceintes car il n’y a aucun magasin dédié au mastering là-bas. A la place des enceintes, j’avais un système-son pour i-Pod avec un casque. Ca limite énormément parce que tu entends pas vraiment ce que tu fais, mais du coup je suis content parce que je viens d’apprendre que ce que je fais ça sonne super bien alors que je ne les ai jamais entendus sur du bon son !

Monique : Comment te sens-tu évoluer personnellement et musicalement par rapport à la scène électronique ?

Oniris : Je ne me pose pas trop de questions. Je me pose derrière mon ordinateur et je fais les choses comme je le sens sur le moment. J’essaye pas de me dire : « tiens je vais faire telle track pour tel label » parce que si je m’oriente déjà, je suis rarement content du résultat. Par contre, j’écoute énormément de musique, tout le temps et beaucoup d’autres choses que de l’électro.

Monique : Quelles sont tes inspirations ?

Oniris : En électro, la musique de Détroit mais aussi la fusion avec des musiciens comme a fait Garnier à Pleyel, c’est-à-dire apporter de la musique à la techno. Ce côté-là m’intéresse beaucoup parce que je l’ai déjà fait : j’ai collaboré avec un pianiste à Nouméa et j’en ai retiré quelque chose que moi-même je n’aurai pas été capable de faire seul.

Monique : Est-ce encore possible de s’en sortir en tant que dj de nos jours avec tous les petits jeunes qui publient sur la toile leurs mix et montent très vite à l’image du jeune Flume ?

Oniris : J’espère bien ! (rires) mais je crois que c’est difficile. Il y a beaucoup de monde sur le marché même si la concurrence est saine. En débarquant à Astropolis, je rencontrais des gens qui font la même chose que moi que je ne connaissais que virtuellement via Internet. Il n’y a pas de compétition entre nous, ce qui est plutôt positif. Au contraire, on échange, on essaye de se donner des techniques. Après là, on est en France. A Berlin, je pense qu’il y a un jeune sur deux qui fait de la techno. Il y a beaucoup de monde en définitive, mais moi je pense qu’il y a à prendre. Je suis super content de ce qui m’arrive.

Monique : Quels sont tes projets futurs ?

Oniris : Faire plus de collaborations avec des musiciens déjà. Continuer à sortir des disques et essayer de signer sur des labels importants ou coups de cœur en tout cas. Le 20 juillet, j’ai une sortie de prévue sur un label espagnol, Espaï Music, sur lequel Madben a déjà signé. Le label Astropolis prévoit la sortie du disque au mois de septembre sur Beatport. Et j’ai un remix de prévu pour Crossfrontier Audio.

Monique : Un dernier mot ?

Oniris : Un truc malin, rigolo ? Non ben, merci, c’est tout ! (rires).

DSC_0079

Oniris à l’Espace Vauban © Pierre Bréger

Soundcloud

Page Facebook


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *