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Interview // Flume

On ne présente plus Flume : à seulement 21 ans, ce jeune producteur australien a su conquérir la scène électronique internationale en très peu de temps. On l’a rencontré alors qu’il était de passage au Festival Astropolis en mode détente sous le soleil brestois.

Monique : Peux-tu nous dire ce qui t’as amené jusqu’ici, à Brest ?

Flume : Je suis en tournée européenne pour les festivals d’été. C’est ma première date. Je suis déjà venu en Europe cet hiver pour mixer dans les clubs. J’ai joué à Paris dans une salle « underground » dont je me ne souviens plus du nom. Donc oui, c’est ma première fois ici.

Monique : Dis-nous en un peu plus sur toi.

Flume : J’habite à Manly, Sydney, en Australie. J’aime le surf, j’adore même. Quand j’ai plus trop d’inspiration pour la musique, je vais d’ailleurs surfer pour me changer les idées. Euh … C’est à peu près tout. Qu’est-ce que tu aimerais savoir d’autre ? Ah oui, j’ai deux chiens (rires). Ce sont des Jack Russels et ils s’appellent Sam et Scrappy. Sam est le plus petit et Scrap c’est le plus bêbête. Ils ont tous les deux 13 ans.

Monique : C’est pas un peu stressant d’être le chef de file de cette nouvelle génération de jeunes producteurs ?

Flume : C’est assez marrant en fait. J’aime beaucoup ce « concept » d’avoir de la reconnaissance et du poids grâce à la musique que je fais. Je sais aussi que j’influence les producteurs et ça c’est vraiment cool. Et c’est vraiment bien aussi car tous les petits nouveaux producteurs comme AlunaGeorge, Disclosure, Bondax, Baauer, Rustie, on s’entend très bien et on s’aide. C’est vraiment cool parce qu’on est tous sur la même vibe en ce moment. Je suis aussi content d’avoir quitté un peu l’Australie pour rencontrer tout le monde d’ailleurs.

Monique : Ah oui donc en fait vous êtes tous en contact, vous vous connaissez personnellement ?

Flume : Quand on est tous les deux en ville, on sort souvent ensemble avec Bondax. Sinon je connais Baauer, on fait des shows ensemble. Par contre j’ai pas encore rencontré les mecs de Disclosure. Mais AlunaGeorge était à une des soirées en Angleterre et Skrillex est même venu ! (rires).

Monique : Comment travailles-tu ? Plutôt dans ton coin ou dans des gros studios depuis que ta notoriété est grandissante ? 

Flume : Tout mon album a été composé dans ma chambre. Je crois que je travaille avec ce que j’ai ! Mais quand je suis allé dans les gros studios, je me suis rendu compte que c’était cool de pouvoir utiliser tous ces softs (softwares ndlr) même si je me dis qu’il faut que j’apprenne de moi-même. Je ne crois pas avoir besoin de ces gros studios. J’aimerais apprendre seul en fait. Et puis c’est bien aussi de travailler juste avec son Mac quand t’es sur les routes !

Monique : Le dernier album des Daft Punk, t’en penses quoi ?

Flume : Oh ! (blanc). Euh … Je l’ai écouté. Quelques chansons ne trouvent pas encore leur public disons, même si certaines sont très bonnes. Je pense vraiment que l’album va gagner en influence. Je ne suis pas un grand fan de l’album mais je pense que le travail précédent des Daft Punk est vraiment cool. Je pense que ces expérimentations, cette musique expérimentale, cet A.D.N vont définitivement modeler la musique du futur. Et tout aura un impact.

Monique : Quelles sont tes influences musicales ?

Flume : En fait tous ces nouveaux producteurs dont on parlait tout à l’heure font plus ou moins partie de mes influences. Je suis heureux aussi parce que je suis rendu à un stade au niveau musical qui me permet de collaborer avec quelqu’un si je le souhaite. Je ne suis plus là à me dire : « non je suis un trop petit artiste pour demander cette collaboration là ». Sinon, j’adore collaborer, je trouve ça assez fun.

Monique : Tu comptais le surf parmi tes hobbies tout à l’heure. T’es assez jeune en fait, 21 ans. Est-ce que tu as d’autres hobbies ou est-ce que tu dédies entièrement ton quotidien à la musique ?

Flume : Ma vie, ces derniers temps, a été largement dédiée aux tournées mondiales. Mais j’ai quand même une vie « normale ». J’ai fait cette tournée en Europe, puis je suis retourné en Australie, puis aux States et puis je suis rentré à la maison. J’ai eu du temps pour voir des amis, être un mec normal et  avoir du temps libre.

Monique : Est-ce que ta vie a réellement changé depuis que t’es devenu populaire alors ?

Flume : C’est pas aussi différent que ce que les gens s’imaginent. Au niveau du lifestyle, être toujours en tournée OK, mais j’ai toujours les mêmes amis quand je rentre à la maison. Je vis toujours au même endroit. La seule chose qui a changé c’est que je voyage beaucoup plus maintenant. Et on me reconnaît dans la rue, sauf quand je mets ces lunettes comme ça (rires).

Monique : Décris-nous une journée type dans la vie de Flume.

Flume : Ca dépend si je suis chez moi en Australie ou en tournée, sur les routes. J’ai deux vies en fait. Je suis sur les routes à peu près six mois durant l’année et chez moi trois mois par an. Sur la route, ça consiste essentiellement à me faire réveiller le matin par ma mère ou par mon manager me disant « Aller, lève-toi, va t’habiller ! Bouge toi, on va à l’aéroport là ! Fais ça ! » (rires). Puis, je dors dans la voiture sur le trajet pour aller à l’aéroport. Après, je mange un petit déjeuner dégueulasse, un sandwich pas bon à l’aéroport. Je monte dans l’avion et puis j’arrive quelque part. Après, c’est le moment où j’arrive à l’hôtel, je dors un peu. Puis je vais faire le concert. Si j’ai pas un autre concert de prévu le lendemain, je reste un peu, je bois quelques verres. Mais si j’ai un concert le lendemain, je rentre à l’hôtel. Les gens pensent que quand t’es en tournée c’est les vacances. Mais si tu fais une tournée comme celle que je fais, tu ne vois pas vraiment les endroits dans lesquels tu te rends. Tu vois l’aéroport : je connais presque tous les aéroports du monde, celui de Paris, de Berlin, d’Amsterdam (rires). Je sais à quoi ressemblent les taxis (rires), et puis les hôtels mais c’est à peu près tout (rires).

Monique : Quels sont tes projets futurs ?

Flume : J’ai des morceaux qui vont sortir avec Chet Faker. En fait on a pas passé tant que ça de temps ensemble : on a seulement eu une semaine pour faire de la musique. Mais on a fait un travail assez efficace, on travaillait super bien ensemble. Tout ce que je réussis moins, il y arrive bien et vice versa. On est complémentaires en fait. On composait une chanson par jour. Notre EP va sortir un peu plus tard dans l’année.

Monique : Quel set vas-tu aller voir ce soir ? 

Flume : Je ne sais pas trop comment prononcer ça mais … Gesaffelstein – stein – shine (rires). J’aime bien ce qu’il fait.

Monique : Un dernier mot pour terminer l’interview ?

Flume : J’ai vraiment hâte de voir comment ça va être ce soir. C’est une très belle journée. J’espère vraiment que je vais avoir mon matos pour pouvoir jouer ce soir. Il est resté bloqué dans un aéroport européen mais je ne sais pas où (rires).

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Flume à Astropolis © Nelly Le Sager Hassoun

 

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