La rubrique de Moniqueretour

Interview // Eggo

A l’occasion du Festival Astropolis, Monique a fait la rencontre d’Eggo, un jeune dj originaire de Montélimar. Ce qui a suscité la curiosité de Monique, c’est bien le fait que ce dernier se dit être l’interprète des voix intérieures qui l’animent et qui les retranscrit dans un mode d’expression qui lui est familier : des rythmes et des textures sonores. Rencontre avec ce jeune homme prometteur qui a bien voulu sortir de l’ombre pour New’s Lighters.

Monique : Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ?

Eggo : Alors mon parcours en quelques mots … J’ai commencé à écouter de la musique électronique lorsque j’avais une quinzaine d’années je pense. Je suis tombé par hasard sur des productions du label Border Community et c’est là que tout a débuté en fait. Ca a été la révélation. Avant ça, je connaissais déjà l’album de Daft Punk « Homework » qui a un peu été la base pour moi. A partir de ce moment là, c’est ça qui m’a décidé à produire moi-même mes morceaux. De fil en aiguille, je me suis acheté du matériel, j’ai découvert des softs (softwares ndlr) et je me suis fait la main. C’est de là que tout est parti.

Monique : Et tu en es arrivé à Astropolis … Quel âge as-tu ? 

Eggo : 23. Donc ouais, ça fait 7 ans.

Monique : Que penses-tu des nouveaux petits producteurs ? A ce sujet, James Holden a affirmé que la plupart des producteurs qu’il connaissait n’avait aucune idée de l’objet sonore ou du moins de son esthétique en tant que tel, qu’en-penses-tu ? 

Eggo : Au niveau musical, on peut dire que je suis un petit peu autiste en fait. J’écoute pas forcément ce qui se fait à côté. Je ne suis pas en permanence plongé dans le son. J’ai mes références, James Holden etc., des artistes que j’aime beaucoup mais au niveau des jeunes producteurs, je ne sais pas tellement ce qui se fait à côté. Je fais comme je sens les choses, comme elles me font plaisir. J’essaye de me faire plaisir, c’est ça le maître mot en fait. C’est sûr qu’après il y a une démocratisation et avec la révolution numérique, tout le monde a plus ou moins accès aux mêmes outils : tout est plus facile en fait. C’est sûr que si on recherche un peu sur Internet, on est vite débordés, ça déboule de tous les coins côté musique : il y a du bon et du mauvais et il faut faire le tri. De ce côté là, c’est sûr, je pense que Monsieur James Holden n’a pas forcément tort.

Monique : Est-ce que tu cherches justement à développer une idée, une marque sonore pour sortir de cette jungle sonore qui fleurit sur Internet de nos jours ?

Eggo : Non, franchement, je laisse les choses venir. Je ne pars pas avec une idée en tête, je me pose devant une machine et je fais au feeling.

Monique : Comment s’est passée la rencontre avec Timid Records ?

Eggo : Pendant longtemps j’ai gardé ma musique pour moi, je faisais ça dans mon coin et personne n’était au courant que je faisais de la musique exceptés quelques amis. De fil en aiguille, on m’a encouragé à proposer mes tracks : ça n’a pas été facile au début, j’ai démarché quelques labels et essuyé pas mal de refus. Un ami m’a conseillé Timid, label que je connaissais de nom via la réputation de Joris Delacroix. Du coup, j’ai envoyé mon petit mail à Jean-Louis et j’ai eu la chance qu’il accroche. Dans les mois qui ont suivis, on a fait mon premier EP chez eux.

Monique : Hier soir tu faisais ton set Astroclub à la Suite de Brest dans le cadre du festival Astropolis. T’es plutôt foule qui danse dans son délire ou public en extase devant tes tracks ?

Eggo : Dans l’optique de l’Astroclub, du dancefloor donc, je fais de la musique aussi bien ambient que de la techno, de l’electronica aussi. Forcément, dans le cadre du club, ce qui marche le mieux, c’est quelque chose de taillé pour le dancefloor (Eggo jouait avec Deetron, Blawan et Robert Hood ce soir là ndlr). Je pense qu’il faut trouver le juste milieu : il faut savoir faire danser le public et comme autant proposer des morceaux plus planants, plus cérébraux. En tout cas, c’est ce que j’aime faire dans mon live.

Monique : Tu comptais les Daft Punk parmi tes influences tout à l’heure. Que penses-tu de leur retour à l’organique dans leur « Random Access Memories » ?

Eggo : J’ai survolé leur dernier album. Honnêtement, c’est pas fait pour moi sans aucun jugement de valeur là-dessus. C’est pas mon kiff. En revanche, je fais pas mal d’organique notamment au niveau des percussions car ça apporte de la vie, de la chaleur aux morceaux. Je pense qu’avec le numérique, de nos jours, on peut faire quelque chose de tout à fait valable pour insuffler la vie aux morceaux et que le débat numérique vs. analogique est dépassé.

Monique : As-tu des projets futurs à communiquer aux lecteurs et futurs fans ?

Eggo : D’abord continuer sur cette lancée, j’ai eu la chance qu’Astropolis m’offre une opportunité assez monstrueuse de me produire à l’Astroclub. C’était juste top. Je suis super heureux. Pour l’avenir, je vais essayer autant que faire se peut de jouer, si on veut bien de moi (rires). Et puis préparer de nouveaux EP. Je croise les doigts pour l’avenir en espérant que ça fonctionne.

Monique : Tu te vois bien devenir producteur dans un futur proche donc ?

 Eggo : Oui, j’aimerais vraiment bien !

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Eggo à l’Espace Vauban © Pierre Bréger

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